3 pièges à éviter: Les étudiants des cycles supérieurs et le marché du travail

Dans le cadre du programme d’études en orientation à l’Université de Sherbrooke, j’ai eu l’opportunité d’intervenir auprès de groupes d’étudiants-chercheurs à la maîtrise, au doctorat et au post-doctorat. Simultanément impliqué auprès de l’association étudiante des cycles supérieurs (REMDUS), j’ai remarqué certaines croyances et tendances propres au milieu de la recherche.

« Je ne cherche pas d’emploi, je fais de l’assistanat de recherche! »

L’université prend facilement l’allure d’un monde à part où les étudiants évoluent sans établir de liens avec le marché du travail qu’ils comptent pourtant intégrer au terme de leurs études. Les étudiants qui y travaillent en plus d’y étudier sont particulièrement susceptibles de tomber dans ce piège. S’isoler!

Il faut au contraire s’encourager à connaître le marché du travail auquel la majorité des étudiants s’y destinent bien avant la fin de leurs études pour s’assurer de comprendre ce qui leur sera utile pour s’y tailler une place.

« Après mon doctorat? Je veux être responsable d’une chaire de recherche. »

Il n’est pas rare de voir des étudiants des cycles supérieurs entretenir des attentes irréalistes envers leur insertion dans le marché du travail. Certains sont tellement concentrés sur le chemin vers la diplômation qu’ils font abstraction du parcours professionnel qui suivra et des échelons qu’il faudra gravir avant d’atteindre leur objectif de carrière.

Pour remédier à ce problème, il faut mener des recherches sur les milieux intéressants afin de comprendre ce qui, en plus de la formation, jalonne les CV de ceux et celles qui occupent les postes convoités.

« Vous trouverez ci-joint mon CV multilingue de 8 pages (sans compter les annexes et la bibliographie). »

Pour les étudiants-chercheurs qui travaillent activement à acquérir des expériences et des qualifications, il peut être tentant de faire, au moment de soumettre son CV à un employeur potentiel, la liste exhaustive de tous les prix, bourses, titres professionnels et certifications reçus suivie des titres de tous les articles et ouvrages publiés. Or, cette façon de procéder, sécurisante pour le candidat, ne tient pas compte de ce que l’employeur, lui, recherche.

Il faut s’encourager à ajuster son CV à l’offre d’emploi afin de mettre en valeur ce qui fait de nous un candidat idéal, plutôt que de le dissimuler à travers un foisonnement d’accomplissements impressionnants, mais non pertinents. Plutôt que de chercher à donner une représentation de l’ensemble de ses compétences et de ses intérêts, se poser la question:

« Qu’est-ce que l’entreprise ou l’emploi nécessite comme savoir, savoir-être et savoir-faire? »

À l’origine de ces trois pièges, on trouve une certaine méconnaissance du marché du travail qui devient un obstacle à la transition des étudiants-chercheurs de leur programme d’études à leur emploi souhaité. On gagne donc à se sensibiliser au fait que les besoins du marché sont changeants et que nous devons non seulement les connaître, mais savoir y répondre pour mieux aiguiller notre cheminement universitaire et nous démarquer.